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Une pièce de théâtre pour les adolescents sur la radicalisation

Le projet, mis sur pied par le Théâtre Parminou dans le cadre du Plan d'action du gouvernement du Québec pour contrer la radicalisation, a été lancé lundi à l'école secondaire Saint-Luc à Montréal, l'institution la plus multiethnique du Québec qui accueille plus de 1900 étudiants provenant de 95 pays et parlant pas moins de 45 langues.

Par contre, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a reconnu qu'il s'agit d'un extrême du spectre et qu'il est tout aussi important, sinon plus, de porter le même message en région.

«Il faut amener cette conversation dans les régions où la diversité est moins présente, où on pourrait peut-être retrouver plus la peur de l'autre», a reconnu Mme Weil en point de presse dans les minutes précédant la première de la pièce dans l'institution d'enseignement.

«Le message est aussi pertinent, sinon plus pertinent, pour les gens qui ne côtoient pas la diversité. Souvent, la méfiance, la discrimination, viennent de gens qui ne se connaissent pas. Quand on peut démystifier l'autre et se rendre compte qu'on a tous l'humanité en commun, ça vient contrer les préjugés qu'on peut ressentir», a ajouté la ministre.

Le travail de sensibilisation ne se limite pas à la pièce de théâtre, loin de là.

Chaque représentation est précédée d'une série d'activités et d'un questionnaire portant sur la radicalisation, le terrorisme et les médias. De plus, une discussion et d'autres activités du même genre sont prévues après la représentation.

Les sujets ne portent d'ailleurs pas uniquement sur le terrorisme puisque le projet vise en grande partie à mettre en lumière la polarisation des discours. Ainsi, l'on aborde des questions épineuses comme la polémique entourant les pitbulls, l'activisme écologiste, l'immigration, la situation des réfugiés, la discrimination et ainsi de suite.

«Tous ces outils ont été créés dans le but de favoriser non pas le débat, mais le dialogue», a précisé Louise Marquis, chargée de projet au Théâtre Parminou.

«Ce qui est important, c'est de laisser un espace pour exprimer les idées, parce que quand on étouffe les choses, c'est là que les marmites gonflent, que la colère gronde et que la violence éclate», a-t-elle fait valoir.

Les activités amènent également les étudiants à inverser les rôles et à analyser différentes mises en situation d'un point de vue qui ne leur est pas familier.

Le gouvernement du Québec a investi 30 000 $ dans ce projet, qui vise à soutenir la lutte contre la radicalisation à la source, une démarche d'autant plus cruciale que les jeunes sont une ressource précieuse, selon le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui était également présent au lancement.

«On ne peut pas se permettre comme société au Québec de perdre un seul talent. Et on reçoit des talents qui viennent de l'extérieur du Québec et ces talents-là qui viennent de l'extérieur du Québec, on ne peut pas se permettre d'en perdre un seul non plus», a-t-il fait valoir.

La pièce se transportera à l'école secondaire Jean-de-Bréboeuf, dans le quartier Limoilou à Québec, le 27 février; le calendrier de tournée ailleurs dans la province est toujours en préparation.

Source: Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne, 20 février 2017